Portrait producteur : Thomas Bernardi, Les Landes Vivantes

Portrait producteur : Thomas Bernardi, Les Landes Vivantes

Début juillet, j'ai rendu visite à Thomas, à la ferme des Landes Vivantes, en Loire-Atlantique.

J'avais fait la rencontre de ses banchas français à la Fête du Thé de Rennes. Comme une madeleine de Proust, j'avais été transportée dans mes souvenirs du Japon, à l'époque où je commençais à m'intéresser au thé et où je goûtais à tout avec simplicité et curiosité. Déjà, à ce moment-là, j'avais été touchée par le bancha : sans artifice, brut et sauvage, un type de thé qui nous ramène aux sources primaires du thé japonais. De grosses feuilles coupées grossièrement, vestiges des dernières récoltes de l'année, des feuilles vieillies et marquées par le temps et le soleil, mais qui ont encore quelque chose à nous transmettre.

Une ferme atypique au cœur du bocage ligérien

La ferme des Landes Vivantes se trouve à Sainte-Marie, sur la commune de Tréffieux, près de Châteaubriant en Loire-Atlantique. Depuis 2019, Thomas y cultive des théiers, des fruitiers et du poivre du Sichuan. Les premières récoltes de fruits et les premiers thés de la ferme ne sont arrivés qu'en 2021, le temps que les théiers s'installent. Située à une trentaine de kilomètres de la Loire et à environ 70 km de l'océan Atlantique, la ferme profite d'un bocage humide et verdoyant, de terres acides sablo-limoneuses et d'une pluviométrie régulière, autant de conditions qui, à mesure que d'autres théiculteurs s'installent dans la région, dessinent une véritable filière du thé.

Ce qui frappe surtout, c'est la cohérence de la démarche. Thomas cherche à limiter au maximum le recours aux énergies fossiles sur la ferme et la quasi totalité des paillages est organique plutôt que plastique, quitte à multiplier le travail de désherbage à la main. Aucun produit phytosanitaire, aucun engrais issu de la pétrochimie. La ferme est labellisée en agriculture biologique, et la plupart des amendements sont produits sur place ou dans un rayon proche de la ferme.

Il y a aussi, dans sa façon de travailler, une volonté de rester maître de ses outils : privilégier des équipements simples, qu'on peut concevoir, construire ou réparer soi-même, plutôt que de dépendre de machines devenues trop complexes pour être comprises ou entretenues par le paysan lui-même. Une manière de garder la main, au sens propre, sur son métier.

Au-delà du thé, la ferme cultive des petits fruits qu'elle déshydrate elle-même (myrtilles, cassis, framboises, figues et bien d'autres), et fait aussi pousser du poivre du Sichuan. Elle se pense comme un lieu de transmission autant que de production : ateliers, formations et visites y sont organisés régulièrement, pour permettre à qui le souhaite de remettre les mains dans la terre.

Retrouvez l'agenda des évènements de la ferme.

Une rencontre qui m'a reconnectée à l'essentiel

Ces derniers mois, je m'étais sentie perdue dans mon rapport au thé. J'avais saturé des réseaux sociaux, perdu l'envie de communiquer, j'avais parfois la boule au ventre en ouvrant Instagram. Je ne m'y retrouvais plus.

C'est à ce moment-là que j'ai pu goûter les thés de Thomas. Comme un doux rappel, une invitation à me reconcentrer sur l'essentiel, à reconnecter plus simplement avec le thé, à retrouver l'âme curieuse et passionnée des débuts.

Merci Thomas, pour ton travail et pour ton accueil.

Pour découvrir deux de ses banchas, RDV sur la boutique en ligne !

Pour en savoir plus sur la ferme et les visites, rendez-vous sur la page des Landes Vivantes.

 


 

 

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