Shizuoka est l’une des grandes régions du thé vert japonais. L’expression « capitale du thé » est une image, pas un titre officiel, mais elle résume son importance historique, ses nombreux terroirs et son rôle dans l’évolution du sencha.
Une histoire ancienne du thé
Selon la tradition locale, le moine Shōichi Kokushi aurait rapporté des graines de thé de Chine à l’époque de Kamakura. Elles auraient été plantées à Ashikubo, dans l’actuelle ville de Shizuoka. La culture du thé s’est ensuite développée dans toute la préfecture.
À l’époque d’Edo, le thé de Suruga était déjà connu. L’ouverture du port de Yokohama en 1859 a ensuite favorisé les exportations japonaises. À l’ère Meiji, les plantations se sont étendues et Shizuoka est devenue un centre majeur de la filière.
Des terroirs très différents
Parler du thé de Shizuoka au singulier serait réducteur. La préfecture rassemble des plaines, des plateaux et des jardins de montagne. L’altitude, l’exposition, le climat local et les choix du producteur changent d’un lieu à l’autre.
Le plateau de Makinohara offre un paysage et des thés très différents de Kawane ou d’Umegashima. Dans la tasse, un sencha peut être rond, végétal, frais ou plus parfumé selon son origine et sa fabrication.
Makinohara, un grand plateau théicole
Après la fin du shogunat, en 1869, d’anciens serviteurs du domaine de Tokugawa se sont installés sur le plateau de Makinohara pour le défricher. Des ouvriers de la traversée de l’Ōi, privés de leur activité après la transformation des transports, ont aussi participé à sa mise en valeur.
Les plantations de thé se sont développées au début des années 1870 malgré le manque d’eau. Elles couvrent aujourd’hui une large partie du plateau et ont contribué à faire de Makinohara l’un des paysages emblématiques du thé japonais.
Yabukita, un cultivar né à Shizuoka
Yabukita est un cultivar, c’est-à-dire une variété de théier sélectionnée pour ses caractéristiques. Il a été sélectionné à Shizuoka par Sugiyama Hikosaburō en 1908.
Sa vigueur, sa qualité pour le sencha et son adaptation à de nombreuses régions ont favorisé sa diffusion. Yabukita reste une référence importante du thé japonais, aux côtés de cultivars qui apportent aujourd’hui davantage de diversité dans les goûts et les périodes de récolte.
Fukamushi, un sencha à l’étuvage long
Le mot fukamushi signifie « étuvage profond ». Après la récolte, les feuilles de thé vert sont passées à la vapeur. Pour un fukamushi, cette étape dure plus longtemps que pour un sencha à étuvage court ou moyen.
Les feuilles se fragmentent davantage et l’infusion devient souvent plus dense, plus verte et plus douce. Cette méthode est particulièrement associée à Kikugawa et au plateau de Makinohara.
Le fukamushi n’est pas un thé meilleur par principe. C’est un autre style de sencha, avec davantage de rondeur et une présence végétale plus marquée.
Ce qu’il faut retenir
- Shizuoka est l’un des grands territoires historiques du thé japonais.
- La préfecture rassemble des terroirs de plaine, de plateau et de montagne.
- Le cultivar Yabukita a été sélectionné à Shizuoka en 1908.
- Le fukamushi est un sencha à l’étuvage long, particulièrement lié à la région.
- « Capitale du thé vert japonais » est une formule éditoriale, pas un classement officiel.
Questions fréquentes sur Shizuoka et le thé vert japonais
Pourquoi Shizuoka est-elle associée au thé vert japonais ?
Parce que la préfecture réunit une longue histoire du thé, de nombreux terroirs et des contributions importantes comme le cultivar Yabukita et le fukamushi.
Shizuoka est-elle encore la première région productrice du Japon ?
Les rangs de production évoluent selon les années et les indicateurs retenus. Shizuoka reste toutefois un centre majeur de la filière du thé japonais.
Quelle différence entre sencha et fukamushi ?
Le fukamushi est un sencha dont les feuilles ont été étuvées plus longtemps après la récolte. Elles sont souvent plus fragmentées et donnent une infusion plus dense, tandis qu’un sencha à étuvage court ou moyen offre généralement une liqueur plus claire.
Pour continuer la découverte
Pour comparer plusieurs profils de thé vert japonais, explorez les sencha sélectionnés par chanokazé. Les disponibilités évoluent, mais la meilleure manière de comprendre un thé reste de le goûter en tenant compte de son terroir, de son cultivar et de sa fabrication.
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