Mariko et le wakôcha : mon histoire avec le thé noir japonais

Mariko et le wakôcha : mon histoire avec le thé noir japonais

Laissez-moi vous emmener dans un endroit qui a profondément marqué mon parcours : Mariko (丸子), dans la ville de Shizuoka, au Japon. C’est en partie ici, entre montagnes et rivière, que j’ai découvert l’univers fascinant du thé noir japonais (wakôcha), du sencha et de toute la richesse culturelle qui entoure la cérémonie du thé.

Résumé : Mariko est un lieu important dans l’histoire du wakôcha, le thé noir japonais. Au XIXe siècle, Tada Motokichi y a développé un jardin de thé avant de contribuer à la diffusion des techniques de fabrication du thé noir au Japon.

1. Mariko, le temple Togeppo Saioku-ji et Sōchō

En 2014, la vie m’a amenée à m’installer à Mariko. À mon arrivée, je ne savais pas encore que ce village était intimement lié au thé. C’est au fil de mes balades que j’ai découvert, presque par hasard, des champs de thé s’étendant dans la campagne japonaise.

Puis j’ai trouvé le temple Togeppo Saioku-ji (吐月峰柴屋寺), fondé au début du XVIe siècle et lié au poète de renga Sōchō. Niché au pied des montagnes, ce lieu abrite un magnifique pavillon de thé et accueille chaque année une grande Ochakai : une cérémonie du thé réunissant tous les grands maîtres de thé de la région de Shizuoka.

Ce que je ne savais pas encore à cette époque, c'est que j'aurais un jour la chance de servir le thé moi-même lors de cette cérémonie annuelle. Une expérience inoubliable.

C’est aussi dans ce temple que j’ai fait la rencontre d’un jeune moine bienveillant et généreux, qui m’a encouragée à poursuivre sérieusement la voie du thé (Sadô). Je pense souvent à lui, même s’il n’est malheureusement plus de ce monde. Ce souvenir reste l’une des raisons profondes pour lesquelles je me sens si liée à ce lieu.

2. Mariko et l’histoire du wakôcha

En approfondissant ma curiosité pour le thé, j’ai découvert le rôle historique de Mariko dans le développement du wakôcha, le thé noir japonais.

Après la restauration de Meiji, Tada Motokichi, pionnier du thé moderne au Japon, s’installe à Mariko et y ouvre un jardin de thé. Entre 1875 et 1877, il est envoyé en Chine et en Inde pour étudier les techniques de fabrication du thé noir. À son retour, il participe à la diffusion de ces savoir-faire et contribue aussi au progrès de la fabrication du thé vert au Japon.

La production locale de thé noir connaît ensuite des périodes d’arrêt. À la fin des années 1980, M. Muramatsu Niroku s’engage dans la relance du thé noir à Mariko, après des années d’apprentissage et d’expérimentation. Son travail porte sur la culture du théier, la fermentation et la fabrication, tout en comprenant également l’oolong japonais. Le Mariko kôcha devient ainsi l’un des thés emblématiques du lieu.

J’ai eu la chance inestimable de passer du temps avec lui et son épouse, deux personnes extraordinaires dont le dévouement pour redonner au wakôcha ses lettres de noblesse est une véritable source d’inspiration. M. Muramatsu n’est malheureusement plus parmi nous aujourd’hui, mais son héritage imprègne profondément le thé de Shizuoka. Je suis reconnaissante d’avoir pu le côtoyer et apprendre de lui.

Découvrir son thé noir

À retenir : le wakôcha désigne un thé noir (oxydé) fabriqué au Japon. Son profil aromatique varie selon le cultivar, le terroir et les choix de fabrication : il n’existe pas un goût unique du wakôcha.

3. Mariko-shuku et le Tōkaidō selon Hiroshige

Mariko n’est pas seulement un haut lieu du thé. Le quartier historique de Mariko-shuku correspond à l’une des 53 stations du Tōkaidō, la grande route qui reliait Edo, l’actuelle Tokyo, à Kyoto.

L’artiste Utagawa Hiroshige a représenté Mariko dans sa série Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō. Cette estampe montre notamment une halte célèbre pour son tororo-jiru, une préparation à base d’igname râpée, de bouillon et de miso.

Chojiya perpétue encore aujourd’hui cette spécialité à Mariko. L’établissement est lié à l’imaginaire de l’estampe de Hiroshige. Le bâtiment actuel est une maison ancienne déplacée afin de recréer ce paysage historique, et non un bâtiment demeuré intact depuis l’époque d’Edo.

Mariko, un récit personnel et un patrimoine du thé

Mariko rassemble une histoire du thé, un patrimoine du Tōkaidō et des souvenirs personnels qui ont façonné mon chemin. Entre les champs de thé, le temple de Sōchō, l’histoire du wakôcha et les traces de l’ancienne route, ce lieu m’a appris à regarder le thé japonais autrement.

C’est ce village discret, loin des circuits touristiques classiques, qui a profondément nourri mon amour pour les thés japonais et initié ma compréhension de la voie du thé.

Questions fréquentes sur Mariko et le wakôcha

Pourquoi Mariko est-il lié au thé noir japonais ?

Mariko est associé à Tada Motokichi, qui y ouvre un jardin de thé avant d’étudier en Chine et en Inde les techniques de fabrication du thé noir. Son travail contribue au développement du wakôcha au Japon.

Qu’est-ce que le wakôcha ?

Le wakôcha est un thé noir fabriqué au Japon à partir de feuilles de thé cultivées dans le pays. Ses arômes dépendent du cultivar, du terroir et du travail de transformation.

Que peut-on découvrir à Mariko ?

On peut y découvrir le temple Togeppo Saioku-ji, l’histoire de Mariko-shuku sur l’ancienne route du Tōkaidō, ainsi que Chojiya et sa spécialité de tororo-jiru.

Prolonger la découverte

Pour explorer les thés noirs japonais proposés par Chanokazé, vous pouvez consulter la collection dédiée au wakôcha.

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